GROUPE DE TRAVAIL NEUROSENSORIEL

 

Coordinateur Pr. F. FROUSSARD : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Le groupe de travail neurosensoriel couvre l’ensemble des domaines ophtalmologique, otorhinolaryngologique et neurologique.

Par exemple, les travaux actuels en ophtalmologie concernent la vision des couleurs (test CAD en évaluation), la multifocalité (implants multifocaux, chirurgie de la presbytie).

 

Composition/affiliations

Professeur Françoise FROUSSART (experte au CPEMPN de Clamart, Consultante nationale en ophtalmologie pour le Service de Santé des Armées, coordinatrice du GT)

Professeur Philippe CLEMENT (chef du service ORL de l’HIA Percy)

Docteur Thierry DEGRESLAN (chef du service de neurologie de l’HIA Percy)

Docteur Anne PAVY LE-TRAON (neurologue, Praticien Hospitalier au CHU de Toulouse, ancienne directrice médicale adjointe du Medes, membre du Comité scientifique de la SOFRAMAS, en charge de l’Espace)

 

Exemple de travaux en OPH

 

AVERTISSEMENT : A ce jour, tout antécédent de chirurgie réfractive reste une cause d’inaptitude à toute fonction aéronautique militaire dans les forces armées françaises (Air, Terre, Mer, Gendarmerie, DGA…)

 

1. CHIRURGIE REFRACTIVE

Actualités cliniques

Les militaires choisissent la chirurgie réfractive pour optimiser la préparation opérationnelle

Article original en anglais (Etats-Unis) :

Military Members turns to Refractive surgery to Improve Readiness

Par Diane ANGELUCCI.

Entretien avec la médecin-capitaine  Elizabeth HOFMEISTER (corps des médecins de la Marine des Etats-Unis) et la médecin-chef des services Françoise FROUSSART-MAILLE (Service de santé des armées français, en partenariat avec  la revue « PERSPECTIVES EN CHIRURGIE REFRACTIVE ».

Si les patients civils se tournent vers la chirurgie réfractive pour des raisons aussi diverses et variées que les multiples modes de vie observés, les objectifs de la chirurgie réfractive sont au contraire beaucoup plus ciblés pour la communauté militaire et ses conséquences souvent capitales.

Pour la médecin-capitaine Elizabeth Hofmeister, ophtalmologiste au Centre de Chirurgie Réfractive et Cornéenne à l’Hôpital Naval de San Diego et chirurgien-référent pour la Marine des Etats-Unis  « la chirurgie réfractive n’est ni anecdotique ni esthétique, mais au contraire indispensable à notre sécurité opérationnelle et pour essayer d’optimiser tout le travail de préparation  de nos militaires au combat. » 

Verres correcteurs :                       

 Les lunettes de vue peuvent interférer avec les équipements militaires des différentes forces armées, comme les jumelles de vision nocturne, les masques de protection oculaire, les appareils respiratoires en circuit fermé ou les différents  casques spécifiques.  « Il faudrait vraiment chercher longtemps pour trouver quelqu’un qui n’a jamais besoin d’aucun équipement d’aucune sorte au niveau de la face» estime le Dr Hofmeister.

Les lentilles de contact ne sont pas non plus satisfaisantes, car elles exposent à un risque infectieux grave les personnels en mission sur le terrain ou à bord d’un bâtiment. Les astronautes sont eux aussi confrontés à leurs propres défis en matière de réfraction, quand ils doivent batailler pour poser et nettoyer des lentilles de contact en gravité zéro.

Consentement à la chirurgie :     

L’intérêt des militaires pour la chirurgie réfractive s’est  donc  considérablement  accru au cours des dix dernières années.  Le premier symposium réunissant des chirurgiens militaires et consacré à la chirurgie réfractive dans les armées s’est tenu en 2007. « Des programmes de chirurgie réfractive  existent au Royaume-Uni et aussi en France, Allemagne, Turquie, Israël, Japon et Singapour » rapporte le Dr Hofmeister.

« Même si la chirurgie réfractive n’est pas réalisée ou financée par toutes les branches de nos forces armées, elle est autorisée pour les militaires et l’armée reconnaît  son importance en matière de préparation au combat » explique le Dr Hofmeister.

 

Un point de vue français 

En France, la demande de chirurgie réfractive reste stable, alors qu’elle n’est pas prise en charge financièrement par le ministère de la Défense et qu’il n’existe qu’un seul service militaire de chirurgie réfractive pour tout le pays.

Kératotomie photo-réfractive ou KPR :  

La technique la plus courante est la kératotomie photo-réfractive ou KPR, car c’est celle qui résiste le mieux aux agressions traumatiques sur le champ de bataille, selon le professeur Françoise Froussart-Maille, qui dirige le département d’ophtalmologie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Percy, situé à Clamart près de Paris.

Plus de 550 militaires se sont fait opérer l’année dernière au niveau de son seul service (60% par KPR et 40% par LASIK). Mais il est difficile de connaitre les statistiques pour l’ensemble du personnel militaire à travers toute la France car ceux-ci ont également la possibilité de se faire opérer en milieu civil. Elle indique que la technique ReLexSmile fera prochainement l’objet d’une évaluation de ses avantages potentiels, notamment par rapport au LASIK.

« Au combat, la vue c’est la vie » rappelle le Dr Froussart-Maille. « Les exigences visuelles des militaires sont particulières par nature et maximales par nécessité ».

 

Avantages collectifs

En plus de ses avantages en terme de sécurité, la chirurgie réfractive apporte aussi l’acuité visuelle exceptionnelle indispensable pour poser un hélicoptère en basse visibilité, réaliser un tir d’élite ou conduire la nuit.

Même le personnel administratif peut tirer un bénéfice de la chirurgie réfractive pour  le Dr Hofmeister.  Si une attaque chimique survient par exemple à bord d’un vaisseau de guerre, les gestionnaires aussi doivent revêtir des équipements de protection. Et ceux qui ne sont pas capables de voir à travers leurs masques à gaz mettent en danger la vie de tout l’équipage.

« La seule personne qui  n’est pas concernée est celle avec  un poste à terre,  qui ne quitte jamais ce poste à terre et qui n’aura jamais besoin d’aucun équipement de protection d’aucune sorte » estime le Dr Hofmeister. «  Il n’y a donc pas beaucoup de militaires qui correspondent à cette description. ».

 

PKR ou LASIK ???

Selon le Dr Hofmeister  l’armée américaine a pratiqué collectivement plus de 37 000 actes de chirurgie réfractive au cours de l’année passée.

Selon les armées :  

            La technique de PKR représentait environ 80% des interventions dans l’armée de Terre, alors que 55% des marins opérés avaient eu une PKR et  44% un LASIK. Les chiffres pour les aviateurs se situaient entre les deux.

            Le Dr Hofmeister explique que les chirurgiens de l’US Navy utilisent pour la plupart des interventions la technologie innovante du traitement dit « personnalisé » ou guidé par aberrométrie. En dehors des cas de cicatrices cornéennes ou d’antécédents  ophtalmologiques particuliers, les militaires de la marine américaine ont le libre choix entre LASIK et PKR .

Côte Est / Côte Ouest

            Plusieurs raisons expliquent le choix de l’une ou l’autre des techniques opératoires. Une grande partie des interventions par LASIK chez les pilotes de l’Aéronavale américaine a été effectuée dans le service de chirurgie réfractive de San Diego, et les bons résultats post-opératoires font que les navigants de la Côte Ouest ont confiance dans le LASIK.  A l’opposé, les militaires basés sur la Côte Est sont plus nombreux à préférer la technique PKR. 

            «  Ils ont tendance à choisir la procédure qu’ont eu leurs amis » indique le Dr Hofmeister.

Convalescence

            D’autres facteurs interviennent comme la durée de l’arrêt de travail post-opératoire. Les personnels de la Marine traités par LASIK peuvent rejoindre leur poste au bout d’un mois, alors que ceux opérés par PKR doivent attendre trois mois pour être sûrs que leur vision soit parfaitement stabilisée.

            « De nombreux commandos-marine ont bénéficié d’un LASIK. Les pilotes préfèrent le LASIK » rapporte-t-elle. « Il veulent reprendre leur service le plus vite possible ».

            A titre d’exemple, quand les pilotes se font opérer par PKR,  ils sont automatiquement déclarés inaptes au vol pour trois mois, durée pendant laquelle ils risquent de voir leur licence de vol expirer, avec l’obligation de repasser les tests de qualification.

 

Popularité du laser Femtoseconde

Les chirurgiens de l’US Navy réalisent le capot  du LASIK à l’aide d’un laser Femtoseconde car ils considèrent que cette technique améliore la stabilité du volet et sa cicatrisation. Elle permet de réaliser un volet avec un biseau inversé qui s’adapte parfaitement à la cornée. « Il est en pratique très difficile de désarticuler le volet » dit le Dr Hofmeister. « Nous n’avons observé que deux ou trois cas de déplacement du capot sur les dix mille volets que nous avons réalisés pour la Marine avec le laser Fentoseconde. Ces rares cas de déplacements n’ont pas de rapport avec un accident au combat, mais sont survenus parce que le patient avait trébuché et reçu un objet pointu dans l’œil. ».

 

Toujours plus haut

 Même si les chirurgiens réfractifs militaires obtiennent d’excellents résultats, ils cherchent constamment à les améliorer.

 

Acuité visuelle :

            « Si nous parlions auparavant d’acuité à 10/10 nous recherchons maintenant des acuités de 12/10 et de 16/10 » rapporte le Dr Hofmeister. « Nous essayons de mieux gérer la correction des astigmatismes, en nous assurant que nous évaluons correctement l’axe de l’astigmatisme, ce qui peut être ardu, en effectuant seulement la  réfraction subjective et en essayant  de le cerner au plus près ».

 

Sécurité

Son premier objectif reste envers et contre tout l’amélioration de la sécurité des patients, en éliminant les erreurs de transcriptions au niveau des systèmes informatiques. « Nos taux d’erreurs sont déjà extrêmement, extrêmement bas dans ce domaine. Nous sommes toujours en train d’essayer d’améliorer la sécurité des patients » confirme-t-elle.

Alors qu’elle prévoit de réaliser un recueil global des données pour toute la Marine américaine, cette étude exigera des avancées techniques  au niveau des dossiers informatisés des patients. Elle prédit que les moyens technologiques à venir permettront  à la fois de saisir les données des patients et de produire automatiquement les résultats statistiques pour finalement améliorer les résultats.

 

En attendant, elle continue à insister sur l’importance de la chirurgie réfractive pour l’armée :

« Nous sommes incontestablement en train d’améliorer leur capacité professionnelle » estime le Dr Hofmeister. Je me sens vraiment privilégiée de pouvoir aider nos combattants de cette façon ».

Le Dr Hofmeister est une spécialiste du centre de chirurgie réfractive, de la cornée et des annexes pour la Marine, et chirurgien référent pour l’ophtalmologie dans la marine des Etats-Unis.

Conflit d’intérêt : aucun.

Le Dr Froussart –Maille dirige le département d’ophtalmologie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Percy à Clamart- France.

Conflit d’intérêt : aucun